Allergie aux sulfites : symptômes, aliments à risque et conseils pratiques
Publié le 17.02.2026 | Mis à jour le 17.02.2026Vous réagissez au vin ou aux fruits secs ? Découvrez ce que sont les sulfites, leurs symptômes, où ils se cachent et comment les éviter au quotidien.
Maux de tête après un verre de vin blanc, difficultés à respirer après avoir mangé des abricots secs, urticaire inexpliquée... Ces réactions peuvent avoir un point commun : les sulfites. Ces additifs conservateurs, présents dans de nombreux aliments du quotidien, sont responsables de réactions d'hypersensibilité chez certaines personnes. Pourtant, ils restent souvent méconnus, et leur présence sur les étiquettes passe facilement inaperçue. Tour d'horizon de ce qu'il faut savoir sur l'allergie aux sulfites.
Qu'est-ce que les sulfites ?
Les sulfites sont une famille de composés chimiques dérivés du dioxyde de soufre (SO₂). Ils existent sous deux formes : naturelle et ajoutée. Certains aliments comme le vin, les oignons ou le chou en contiennent naturellement en petites quantités. Mais les sulfites sont aussi largement utilisés comme additifs alimentaires dans l'industrie agroalimentaire, essentiellement pour leurs propriétés conservatrices et antioxydantes.
Concrètement, ils servent à empêcher l'oxydation des aliments, à freiner le développement des bactéries et des moisissures, et à préserver la couleur des produits. Dans la vinification par exemple, ils jouent un rôle clé pour stabiliser le vin et éviter qu'il ne tourne au vinaigre.
Dans la réglementation européenne, les sulfites regroupent huit additifs codifiés de E220 à E228. Ils sont autorisés dans l'Union européenne mais font l'objet d'une surveillance renforcée depuis que l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a revu leur évaluation en 2022, concluant que leur sécurité ne peut être pleinement garantie pour les grands consommateurs.
Quels sont les symptômes d'une réaction aux sulfites ?
Les réactions aux sulfites se manifestent de façon très variable selon les individus et les quantités ingérées. Les personnes asthmatiques sont particulièrement concernées : selon les données disponibles dans la littérature scientifique, entre 3 et 10 % des asthmatiques seraient sensibles aux sulfites.
Les symptômes les plus fréquents sont :
Sur le plan respiratoire : bronchospasme (contraction des bronches), essoufflement, respiration sifflante, rhinite, toux. C'est souvent par ce biais que les asthmatiques décrivent une aggravation de leurs crises après consommation de vin ou de certains aliments transformés.
Sur le plan cutané : urticaire, rougeurs, démangeaisons. Ces manifestations peuvent apparaître rapidement après l'ingestion.
Sur le plan digestif : nausées, douleurs abdominales, diarrhée. Ces symptômes sont moins spécifiques mais peuvent orienter vers une hypersensibilité aux sulfites en cas de récurrence.
Dans de rares cas, une réaction anaphylactique sévère peut survenir. Si vous ressentez une réaction intense et rapide après un repas, consultez un médecin sans attendre.
Pour aller plus loin sur les différentes formes d'hypersensibilité alimentaire, consultez notre article dédié : Quelle différence entre allergie alimentaire et intolérance alimentaire ?
Où se cachent les sulfites ? Les aliments à surveiller
Les sulfites se trouvent dans un grand nombre d'aliments courants, souvent là où on ne les attend pas.
Les boissons alcoolisées sont les principales sources d'exposition. Le vin — en particulier le vin blanc et les vins moelleux — ainsi que la bière et le cidre contiennent des concentrations souvent élevées en sulfites ajoutés.
Les fruits secs sont également très concernés : abricots secs, raisins secs, pruneaux et figues séchées sont traités aux sulfites pour conserver leur couleur et prévenir leur noircissement. C'est pourquoi les abricots secs orangés contiennent généralement plus de sulfites que les abricots bruns non traités.
Les crustacés et fruits de mer contiennent naturellement des sulfites, auxquels peuvent s'ajouter des traitements après la pêche pour ralentir leur noircissement.
La charcuterie et les viandes transformées peuvent en contenir selon les procédés de fabrication.
Les conserves de légumes, les pommes de terre précuites ou en flocons, certains jus de fruits industriels, les condiments (moutarde, vinaigre), et certains biscuits apéritifs figurent aussi dans la liste des produits à surveiller.
Envie de cuisiner sans sulfites ? Explorez les recettes sans sulfites sur Spatul.
Comment repérer les sulfites sur une étiquette alimentaire ?
C'est souvent la partie la plus déroutante. Les sulfites peuvent apparaître sous de nombreuses appellations différentes sur les emballages. La réglementation européenne impose l'étiquetage de la mention "contient des sulfites" ou "contient du dioxyde de soufre" dès que la teneur dépasse 10 mg/kg ou 10 mg/litre de produit fini.
Voici les codes et appellations à connaître :
Code E | Nom complet |
|---|---|
E220 | Dioxyde de soufre (anhydride sulfureux) |
E221 | Sulfite de sodium |
E222 | Bisulfite de sodium (hydrogénosulfite de sodium) |
E223 | Métabisulfite de sodium (disulfite de sodium) |
E224 | Métabisulfite de potassium (disulfite de potassium) |
E226 | Sulfite de calcium |
E227 | Bisulfite de calcium |
E228 | Bisulfite de potassium |
Sur les étiquettes, vous pouvez donc rencontrer les termes : "dioxyde de soufre", "anhydride sulfureux", "sulfite de sodium/potassium/calcium", "bisulfite", "métabisulfite" ou simplement "contient des sulfites". Tous désignent la même famille de composés.
À noter : en dessous du seuil de 10 mg/kg, l'étiquetage n'est pas obligatoire, ce qui ne signifie pas que l'aliment en est totalement exempt.
Comment réduire sa consommation de sulfites au quotidien ?
Si vous avez identifié une sensibilité aux sulfites — idéalement confirmée par un médecin ou un allergologue — quelques ajustements pratiques peuvent faire une réelle différence.
Lisez les étiquettes systématiquement. La liste des additifs E220-E228 ainsi que la mention "contient des sulfites" doivent attirer votre attention, quel que soit le type de produit.
Privilégiez les aliments frais et non transformés. Les fruits et légumes frais, les viandes non préparées, et les produits bruts contiennent peu ou pas de sulfites ajoutés. C'est souvent la stratégie la plus efficace.
Pour le vin, orientez vous vers des vins "sans sulfites ajoutés" ou des vins naturels, qui contiennent uniquement les sulfites naturellement produits lors de la fermentation, en quantité bien plus faible.
Concernant les fruits secs, choisissez de préférence des variétés non traitées. Les abricots bruns (non orangés) ou les raisins non traités sont de bonnes alternatives. En bio, l'ajout de sulfites est strictement encadré voire interdit selon les produits.
Cuisinez maison autant que possible. Préparer vous-même vos plats à partir d'ingrédients frais vous donne le contrôle total sur ce que vous mangez.
Informez votre entourage et les restaurants. En cas de sensibilité avérée, signaler votre réaction aux sulfites au moment de la commande permet aux équipes de vous orienter vers les plats adaptés.
En résumé
Les sulfites sont des additifs alimentaires largement présents dans notre alimentation, notamment dans le vin, les fruits secs et les produits transformés. Chez les personnes sensibles — en particulier les asthmatiques — ils peuvent provoquer des réactions respiratoires, cutanées ou digestives. Savoir les identifier sur les étiquettes (E220 à E228) et adopter quelques réflexes au quotidien permet de limiter efficacement son exposition.
Si vous suspectez une hypersensibilité aux sulfites, parlez en à votre médecin pour obtenir un diagnostic adapté. Pour en savoir plus sur les allergies et intolérances alimentaires en général, consultez notre dossier complet : Allergies alimentaires : les identifier pour mieux manger.
FAQ
Les sulfites sont-ils dangereux pour tout le monde ?
Non. Pour la majorité de la population, les sulfites présents dans l'alimentation ne posent pas de problème à des doses habituelles. Ce sont principalement les personnes asthmatiques et celles ayant une hypersensibilité avérée qui peuvent réagir, souvent à partir d'une certaine quantité ingérée.
Peut-on être sensible aux sulfites sans être asthmatique ?
Oui. Bien que les asthmatiques soient la population la plus à risque, des réactions cutanées ou digestives peuvent survenir chez des personnes non asthmatiques. La sensibilité aux sulfites n'est pas réservée à un seul profil.
Les vins bios contiennent-ils des sulfites ?
Les vins issus de l'agriculture biologique peuvent encore contenir des sulfites, mais en quantité plus limitée que les vins conventionnels. La réglementation européenne fixe des plafonds plus bas pour les vins bios. Les vins "nature" ou "sans sulfites ajoutés" sont en général les moins chargés, mais ils ne sont pas totalement exempts de sulfites naturels.
Comment obtenir un diagnostic d'hypersensibilité aux sulfites ?
En cas de doute, consultez votre médecin généraliste qui pourra vous orienter vers un allergologue. Un bilan allergologique permettra d'explorer vos réactions et d'identifier les déclencheurs. Il n'existe pas de test cutané standardisé pour les sulfites, le diagnostic repose souvent sur l'anamnèse (historique des réactions) et parfois des tests de provocation en milieu médical.
Les sulfites figurent-ils dans les 14 allergènes majeurs réglementaires ?
Oui. Le dioxyde de soufre et les sulfites font partie des 14 allergènes à déclaration obligatoire définis par le règlement européen, ce qui explique l'obligation d'étiquetage spécifique sur tous les produits alimentaires.